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Les Japonais sont de durs travailleurs mais ils savent aussi faire la fête et se décontracter le temps d’un week-end. Si les dernières semaines ont été épuisantes avec des deadlines à tenir pour l’ouverture officielle du laboratoire et la venue de la presse et des officiels, la tension est retombée et il était temps de passer un bon moment sans stress avec les collègues.

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Ainsi, sur proposition d’un collègue, nous avons organisé un BBQ, un dimanche de juillet. Le soleil n’a pas été de la partie et finalement c’est tant mieux, une légère pluie nous a rafraîchi, nous évitant une lourde humidité. En route pour le mont Ikoma, le même mont dont mon logement se situe au pied, mais sur l’autre versant (je suppose). Une batisse en bois perdue en haut, nous offre une belle vue sur Nara, la hutte à pizza est tout aussi perdue la haut et je me demande bien qui vient manger une pizza la-haut…

Un grand foyer en pierre, de quoi faire griller un bon BBQ ! Au menu, saucisses, poulet, porc, boeuf, patates (pas cueillies cette fois), oignons, poivrons, carotte, potiron et maïs, il y a de quoi remplir un régiment ! A peine arrivé, les femmes s’attèlent à la tache, rinçage, épluchage puis découpage des légumes, ces messieurs installeront tables et chaises et sortiront les boissons. Il est amusant de voir les collègues décontractés en dehors du cadre du travail et c’est encore plus amusant de faire la connaissance de la famille de certains membres. L’organisation des Japonais n’est pas un mythe, chacun à sa tache et s’y applique, évidemment en tant qu’internes (étrangers), nous ne savons aps où nous mettre et finalement s’asseoir et la meilleure solution, après tout ce qu’on nous demande c’est de profiter des grillades.

Si le BBQ occupe une majorité des personnes, d’autres se sont faufilées derrière la cabane à la recherche d’un grand bambou creux… oui parce qu’en plus du BBQ, il y a aussi les nagashi somen ! Le principe consiste à faire couler de l’eau dans un bambou creux coupé dans le sens de la longueur et d’y verser des somen qui seront alors emportés par l’eau. Les gourmands qui seront placés de part et d’autre du bambou pourront alors à l’aide de leurs baguettes, se servir des somen, les tremper dans une sauce à base de shoyu et déguster tant que somen il y a. Une expérience inédite et voir la fabrication du dispositif est des plus ludique. Le fait de voir ces chercheurs qui sont toute la journée devant un écran, couper un bambou et bricoler avec application est curieux. Après tout, il faut bien se changer les idées de temps en temps.

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Une autre façon de se changer les idées avec les collègues de travail ? « Summer Cooling Evening » ! une petite fête qui a eu lieu vendredi passé au centre de recherche. Pour une modique somme, chercheurs et familles peuvent se joindre à la soirée composée d’un buffet et de boissons à volonté. La soirée est animée par différentes activités comme une tombola, un loto, différent quizz collectifs ou encore la performance scénique des nouveaux employés… et des internes.

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Evidemment nous sommes toujours les derniers informés et ce n’est que 10 jours avant l’événement qu’on nous propose de faire quelque chose sur scène avec les nouveaux employés. Ces derniers ne sont pas beaucoup plus avancés de toute façon ; ils ont décidé de refaire la chorégraphie de Thriller mais n’ont pas encore maîtrisé la danse. N’ayant pas d’idée sur le moment, nous nous joignons à leur répétition, cela déclenche les fou-rires de certains et nous ne sommes pas convaincu de la faisabilité dans un laps de temps si court pour danser sur Thriller. Qu’à cela ne tienne, Mary, une nouvelle interne qui vient de Stanford, nous propose de nous faire couper les pieds avec une danse traditionelle philippine ; tinikling. Une paire de bambou, 2 danseurs et 2 personnes qui frapperont les bambous en rythme. Oui mais il faut danser sans se faire haper les pattes par les bambous… nous nous sommes entraînés une dizaine d’heures je pense, en sautant des pauses de midi, en restant plus tard que d’habitude au bureau (provocant par la même occasion, des tremblements de terre dûs à nos bonds répétés pour les étages inférieurs) et même chez nous, empéchant apparemment les voisins de trouver le sommeil…

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Au final, aussi bien Thriller que le tinikling sont exécutés avec brio le soir venu, les compliments des collègues sont réconfortants, après toute la peine que nous nous sommes donnés. Par la même occasion, je pense que maintenant tout le centre de recherche sait que les internes dansent le tinikling…

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Une autre anecdote de cette soirée, nous sommes affectés à la distribution du pop-corn… étant donné que les familles sont les bienvenues, il y a aussi des enfants friands de pop-corn ! Comme partout ici, les instructions de la machine à pop-corn est en japonais… mais nous nous en sortons bien jusqu’à ce que nous changions le parfum du pop-corn pour du lait fraise…

- Je te dis qu’il est brûlé

- Non, je ne trouve pas, ça donne un petit goût certes…

- C’est le sucre qui fait ça…

La file d’enfants commence à grandir, ils attendent le pop-corn au lait fraise avec impatience ! Même si le pop-corn a légèrement un goût de brûlé, cela n’empéche pas l’odeur du lait fraise de se répendre et attirer les gourmands ! Après quelques essais, c’est parti ! Tout le monde en veut !

La soirée se terminera par un feu d’artifice suivi de feux du bengale distribués à chacun. Tout le monde s’amuse et passe une bonne soirée.

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C’est tout de même différent de l’atmosphère de travail du quotidien qui avait encore place quelques heures auparavant. Les Japonais aiment s’amuser et quand ils s’amusent, il n’y a plus cette retenue de rigueur dans la monde du travail. Ceci dit, une fois la fête terminée, et c’était aussi valable pour le BBQ, tout le monde y met du sien pour ranger et nettoyer les lieux. D’une efficacité redoutable !

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En prime, vous avez droit à une vidéo du plus grand feu d’artifice (hanabi en japonais) du monde, pas moins de 120′000 feux d’artifices pour 1h15 de plaisir pour les yeux! Bon, j’ai juste pris une minute de vidéo et elle fait 100 méga… Par patriotisme, j’aurai dit que le spectacle était pour le 1er août, fête nationale suisse, mais c’est en réalité pour commémorer la fondation et le fondateur de la ville de Tondabayashi au sud de Osaka.

Lors de mon séjour à Tokyo, j’ai pris un grand nombre de photos, cependant je ne pense pas que ça soit possible de tout mettre dans un seul article… le problème est donc de trouver un thème pour regrouper les différents clichés pris le temps d’un week-end. Ainsi, pour ce premier article sur Tokyo, je vais me contenter des photos prises dimanche.

On a beau être dimanche, contrairement à la Suisse où il n’y a rien à faire le dimanche (à part la grasse matinée), au Japon les flux d’énergie ne s’arrêtent pas. Au programme Natsu Basho (ou plutôt matchs de sumo au Ryogoku Kokugikan), cosplay sur Harajuku et performances artistiques à Yoyogi koen. Il y a bien aussi le Temple de Yoyogi, mais il ne cadre pas spécialement avec le reste de l’article. Carte et pas journalier des métros, appareil photo (et nos valises puisque nous rentrons sur Osaka le soir), en route pour cette journée.

L’esprit du sumo n’attend pas. C’est à 8h30 que nous nous pointons devant le Ryogoku, l’arène du sumo à Tokyo, pensant qu’une foule serait déjà sur place pour acheter un billet le jour du tournoi. Que nenni ! Bien sûr nous savions que les débutants et les divisions inférieurs prenaient part à la joute le matin et que les champions ne viendraient se donner quelques baffes qu’en fin d’après-midi mais notre emploi du temps chargé nous a fait venir ici en premier lieu. Pas que le Ryogoku était désert, mais presque, ce qui n’est pas plus mal car nous avons pu déambuler un peu partout pour prendre des photos pendant que les aspirants sumos s’en donnent à coeur joie sur le dojo. La technique des rikishi n’a rien de spectaculaire, mais au moins nous avons pu assister au rituel répétitif avant chaque combat (Eurosport ne jugeant pas utile de retransmettre entièrement chaque combat, et ils ont raison au fond), je dirai que c’est assez particulier quand même ce chant pour annoncer les lutteurs. Après un peu plus de 2 heures, un changement de division et l’achat de porte-clés souvenir, nous décidons de mettre fin à cet échauffement pour nous diriger à l’autre bout de la ville pour des activités tout aussi exotiques.

Harajuku et sa place pour les cosplayers. Si l’intérêt de la foule à notre arrivée se porte sur un artiste de rue faisant la statue vivante, il retourne vite à la gent féminine venue se faire prendre en photo dans leurs tenues home made (et non pas home maid, comme des personnes pourraient le penser…). Oui j’ai dit gent féminine car le cosplay n’a apparemment que des adeptes parmi les demoiselles, vous remarquerez que le style est essentiellement gothic lolita. Heureusement pas de Naruto, Bleach et autres consorts de la sorte ici, ces derniers se réservant sûrement les conventions manga. Quoi qu’il en soit, il y a aussi une autre population sur cette place, les touristes ! Il y a d’ailleurs probablement plus de touristes ici que de Japonais, peut-être est-ce pour cela aussi qu’un groupe de « Free huggers » se sont placés sur cette place. Malheureusement, ils n’intéressent pas la foule qui passe en jetant un rapide coup d’oeil. Il faut aussi admettre que ce groupe de personnes n’est pas très expansif et l’accoutrement peut effrayer de prime abord (je serai inquiet de recevoir un câlin d’une personne accoutrée en pseudo gothique ou d’un mec déguisée en maid…). Le soleil est à son plus haut et l’ombre est rare, il est donc temps de se diriger vers l’ombre des arbres du Yoyogi koen (ou Yoyogi Park).

En ce lieu aussi, la foule déambule et pour cause. D’une part, il fait beau alors les familles, amis s’adonnent à l’activité du dimanche, pique-nique au parc, d’autre part les allées du parc voient se produire différents groupes de personnes qu’ils soient rock’n roll attitude, skaters ou music band en recherche d’un coup de pouce, tous sont là pour exprimer leur passion aux yeux et oreilles des passants. Il arrive parfois que la proximité des artistes crée une cacophonie assourdissante qui au final annihile les performances de chacun malgré les hurlements du chanteur dans le micro. Ce qui n’empêche pas les groupies de sautiller de joie devant leur groupe favori.

Vous l’aurez compris, tout est permis ici ! Et voici la galerie pour vous donner un aperçu !


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Le titre original de ce film de Masayuki Suo est “Shall we dance ?” prononcé à la japonaise. Je ne parlerai pas de DDR dans cet article, ni même de valse ou de break-dance mais de pêche au harengs et de “Obaasan no power”, si vous me passez l’expression. Comment peut-on à ce point dériver ? Je sais bien que je suis à la dérive du continent mais voici une explication…

Si les jours de semaine se suivent et se ressemblent, je n’ai pas le loisir de m’ennuyer ou de me sentir seul, par contre quand arrive le week-end, la question du “Qu’est-ce que je vais faire ?” se pose et la réponse est bien évidemment “Je sors me promener et me perdre dans Osaka !”. Pourtant jusqu’à maintenant, je ne me suis perdu que dans des rues archibondées et super fashion… mais Osaka est une ville portuaire non ? Ah oui c’est d’ailleurs grâce à son activité portuaire que la ville s’est développée ! Bon alors aujourd’hui direction la baie de Osaka, ne sachant pas sur quoi je pouvais tomber je décide de me rendre dans le quartier de Cosmosquare, qui est le terminus de ma ligne de métro…

Bon, c’est comme qui dirait un peu désert… la station précédente où tout le monde est descendu doit surement avoir plus d’activité qu’ici, pourtant Cosmosquare, je m’attendais à de l’activité… Il y a donc dans les environs, le Musée maritime (que je ferai une fois…), l’usine d’incinération au design “original”, une salle de concert, un centre pour les mariages en église, un building de 250m et une structure colorée du nom de ATC (pour Asian & Pacific Trade Center). Attardons-nous un peu au ATC… parce qu’en fait c’est un énorme centre commercial, après 2 semaines, j’ai eu assez des centres commerciaux et je me laisse guider par une musique…

Juste à l’extérieur du bâtiment se déroule une sorte de festival de succession de chorégraphie sur des thèmes que je ne connais pas. Je n’ai rien d’autre à faire alors je me pose et là, je reconnais la chanson et la chorégraphie !!! Il s’agit du sôran bushi, j’avais pû en voir une démonstration lors du Shin Nen Kai par les étudiants de Kumon. L’atmosphère étant joyeuse je décide de rester , prendre quelques clichés et vidéos, que vous pourrez voir bien évidemment ! Sôran bushi, donc une danse des pêcheurs de harengs, remis au goût du jour avec une teinte de rock. Du rock justement parlons brièvement et surtout d’une prestation (dont je n’ai pas d’image), le “Obaasan no rocku”, car si certaines performances sont faites par des écoliers, lycéens ou adultes, il y a aussi les personnes âgées ! La force de ces personnes est remarquable et leur dynamisme est appréciable ici au Japon.

Ainsi, petits et grands, jeunes et moins jeunes font de ces danses “rituelles”, une démonstration de bonne humeur et de volonté (car il faisait chaud aujourd’hui) communicatif, de quoi rendre de sunny Sunday agréable !

A la semaine prochaine pour de nouvelles aventures, probablement une visite de Nara…
La galerie :

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et 2 vidéos :